Week-end moto improvisé dans les Bardenas

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp
Partager sur email

Pourquoi est-ce que je m’évertue à le préciser ? Je ne sais pas et je continue malgré tout. Donc voici le récit de mon week-end moto improvisé dans les Bardenas ! Trois jours pour se déconnecter de tout, dans des paysages familiers mais toujours aussi agréables à retrouver.

Jour 1 : la longue traversée des Landes, le sas de verdure

Ce n’est pas une opinion très partagée mais j’aime énormément traverser les Landes en moto. Pas pour les virages ça c’est certain, je crois que ce mot n’existe même pas dans le dictionnaire Landais, mais pour cette impression d’immersion totale dans une nature aux allures d’infini. L’asphalte et les pins ne sont que des droites qui plongent dans l’horizon et c’est le sas parfait pour débrancher son cerveau.

Et j’enroule ! Le flat de mon Urban GS ronronne doucement. J’étire mes jambes, je cale mes bottes sur les crash-bars et en avant ! Ca aurait presque des airs de route 66, en plus vert et avec un accent allemand.

A force j’ai mes petites habitudes. La ligne droite entre Bordeaux et St Jean Pied de Port me fait toujours passer par Luxey. A chaque fois j’ai un nombre incroyable de souvenirs qui remontent à mon adolescence, l’époque où toute ma vie était centrée sur la musique et pas du tout sur la moto ! Si vous avez déjà assisté du festival Musicalarue vous saurez de quoi je veux parler !

Une fois passé Orthez, les Pyrénées apparaissent à l’horizon et la bitume recommence à serpenter. Le soleil couchant d’automne crée toujours une ambiance totalement dingue. Nous laissons le sas landais derrière nous et nous entrons maintenant dans le vif du sujet.

Les hôtels ne sont pas bons-marché à Saint-Jean-Pied-de-Port. En été vous pouvez tenter dans votre chance dans un gite de randonneurs (car nous sommes en plein sur le chemin de St Jacques de Compostelle) mais pensez à prendre vos draps, duvet et serviette. Si vous aimez le confort ou si vous venez comme nous en plein hiver, privilégiez un hôtel. C’est une leçon apprise dans la douleur… Nous choisissons l’hôtel Ramuntcho à l’intérieur de la vieille ville.

La Loi est on ne peut plus claire. Il est absolument interdit d’aller rouler en Espagne sans passer par Roncevaux, que ce soit à l’entrée ou à la sortie. C’est comme ça. D’où le choix de dormir à Saint-Jean-Pied-de-Port ce soir !

Jour 2 : du Pays Basque jusqu’au désert des Bardenas

Les Pyrénées basques, fidèles à leurs habitudes, nous offrent un paysage brumeux et humide alors que le thermomètre joue les feignasses en restant sur une valeur à un chiffre. Une pensée me vient alors à l’esprit. Vu qu’il fait globalement la même météo en août et en novembre, est-ce qu’on peut dire que c’est l’été toute l’année ? Vous avez deux heures.

Dans le fond je vais vous le dire, la météo parfaite ne m’intéresse pas. A mes yeux, quand il fait un grand beau temps, je trouve les lumières fades et le ciel vide. Une météo capricieuse apporte du relief, la brume crée une ambiance, le courant d’air froid qui s’engouffre dans ton blouson te reconnecte avec l’instant présent. Et le moins qu’on puisse dire c’est que niveau relief, ambiance et reconnexion le Pays Basque ne déçoit jamais !

La journée commence à merveille sur la D933, qui est en quelque sorte notre échauffement traditionnel. Dès l’instant où la frontière espagnole est passée elle change de nom pour devenir la N-135 et c’est là que les choses sérieuses commencent. Les routes des Pyrénées espagnoles laissent généralement la même impression à tous ceux qui les parcourent : le directeur de la DDE locale est forcément motard ! On y trouve le trio magique : des courbes généreuses, un bitume impeccable et des paysages de fou.

Une fois Roncevaux passé nous décidons de bifurquer sur la NA-1720, qui longe le Rio Urrobi. Une des rares petites routes du secteur que nous ne connaissons pas encore. Âmes sensibles s’abstenir parce que là… soyez sûr que votre rétine est prête pour un choc aussi violent ! Cette route est un pur bijou à découvrir d’urgence, surtout avec le soleil rasant du matin et les couleurs d’automne !!! D’ailleurs si vous n’avez qu’une seule journée pour rouler dans le coin vous pouvez sans problème envisager de faire une simple boucle jusqu’à Pampelune en passant par la NA-1720 et la N-135.

Nous arrivons donc dans la région des Bardenas par Carcastillo au nord et nous entrons dans le désert par une piste, avant de regagner le tracé que nous avions suivi deux ans plus tôt (à lire : ici). Toute le restant de la journée sera consacré à profiter du désert. En novembre il y fait environ 20 degrés, on est très loin des fournaises infernales du mois d’août et c’est parfait pour profiter de ce décor de western absolument époustouflant.

Nous pique-niquons au pied d’un vieille bicoque en pierres sèches et dont la toiture s’est partiellement effondrée. La lumière et l’ambiance sont tellement folles que je m’attends à voir Clint Eastwood débarquer à tout instant.

Ma petite Urban GS se montre bien moins urbaine que ce qu’on pourrait penser, elle est extrêmement à l’aise sur les pistes à proximité du célèbre circuit touristique du désert des Bardenas. Peu importe la caillasse, les trous, les bosses et les flaques de boue, ma Nine T commence à me convaincre que son look de trail vintage n’est peut-être pas un si gros mensonge que ça en fin de compte…

De très nombreuses pistes sont interdites à la circulation dans les Bardenas. C’est valable partout mais encore plus ici, faites très attention à ce qu’il n’y ait aucun panneau d’interdiction à l’entrée d’une piste. Et regardez au sol car ces interdictions sont inscrites sur des bornes carrées posées au sol, il n’y a presque aucune signalisation verticale dans le désert. De toute façon l’intérêt des Bardenas réside dans les paysages et la lumière qu’on y trouve, n’y venez pas si votre seul but est de faire du offroad car on est nettement plus proche de la route non bitumée que du Paris-Dakar. N’importe quelle moto (même un gros custom de 400kg en pneus route) sera parfaitement à l’aise sur la piste touristique du désert des Bardenas.

Les petits villes anonymes d’Espagne regorgent d’hôtels absolument kitchs mais au rapport qualité/prix incroyable et d’une propreté exemplaire. Nous garons nos motos à Ejea de Los Caballeros devant l’Hostal Cuatro Esquinas.

Jour 3 : Mallos de Riglos et col du Somport

Notre weekend moto improvisé doit déjà se terminer et nous entamons la route du retour. Nous quittons Ejea de los Caballeros et partons en direction des montagnes. La A-1103 et la A-1202 n’ont pas le bitume le plus parfait du monde mais elles sont viroleuses à souhait et permettent d’atteindre un point de vue sur les Mallos qui vaut à lui seul le détour.

Avant aujourd’hui je n’avais jamais entendu parler des Mallos de Riglos et sans doute que vous non plus, à moins que vous soyez un fana d’escalade. Les Mallos sont une curiosité géologique du nord de l’Espagne et après notre escapade dans le Désert, croiser ces gros rochers rouges de 300m de haut renforce en plus notre impression de bout du monde. Cerise sur le gâteau : la route qui y mène (A-132) est parfaitement fantastique.

Si vous choisissez de suivre mon roadbook, j’espère pour vous que vous roulez en trail et que les routes défoncées ne vous font pas peur. La A-2605 (nord-ouest de Jaca) n’est pas la route la plus évidente mais elle permet d’arriver face aux Pyrénées pour profiter de ce panorama (et rien que ça, ça vaut le coup) :

La neige n’a pas encore bloqué le col du Somport, c’est donc l’occasion de se faire un dernier manège avant de rentrer. C’est aussi l’occasion de croiser une des bizarreries du XXe siècle que je voulais voir des propres yeux depuis longtemps : la gare internationale de Canfranc. Tout est en travaux donc la photo n’est pas flateuse mais c’est quand même quelque chose. Cette gare à moitié abandonnée fait la même surface que la gare St Lazare pour un trafic moyen de… 20 passagers par jour.

source – crédit CARLOS MUNOZ YAGUE/DIVERGENCE-IMAGES

Le col du Somport a des airs de Mordor. Le ciel est gris et menaçant, la roche est noire et d’autant plus contrastée par les premières neiges. Je ne sais pas si la fin du monde est proche, mais en tout cas c’est déjà bientôt la fin de notre roadtrip. La suite de la route ne sera que de la liaison au plus court pour rentrer tout en traversant de nouveau les Landes, notre traditionnel sas avant de retrouver notre quotidien. Chaque rangée de pin, chaque ligne droite et chaque kilomètre avalé dans les Landes est marqué par cette pensée que je me répète encore et encore, comme une promesse : « vivement le prochain roadtrip ».

Mes acolytes du week-end

Elise-Lola : InstagramYoutube

Keegan Twin Traveler : Instagram

Testés et approuvés

  • Mes routes incontournables : La route Saint-Jean-Pied-Port / Roncevaux (D933 côté français, N-135 côté espagnol), NA-1720, A-132 à proximité de Mallos de Riglos, col de Somport
  • Où dormir : Hôtel Rambutcho à Saint Jean Pied de Port, Hostal Cuatro Esquinas à Ejea de Coballeros, Hôtel l’Astrolabe à Oloron-Sainte-Marie
  • Où pique-niquer : s’aventurer sur une petite piste des Bardenas et pique-niquer dans un incroyable décor de western, pique-niquer dans la cour de l’église de Mallos de Riglos
  • A voir ou à faire : Mallos de Riglos, Abbaye de Roncevaux, Désert des Bardenas, Gare internationale de Canfranc, Col du Somport

Les lecteurs ont aimé

Dites-moi en commentaire quels sont vos lieux préférés et je les ajouterai dans cette section 

Quelques photos supplémentaires du voyage…

11 réponses

  1. Elles sont chouettes tes photos ! Je te piquerais tes itinéraires pour mon prochain roadtrip en croisant les doigts !

  2. Merci pour ce partage, ça donne envie de tout copier, j’adorerai le faire un jour. Merci encore de nous faire rêver.

  3. Belles photos 👏 un petit tour jusqu’à Barbastro au retour pour doubler les déserts « los Monegros » ça vaut le détour 😉

  4. Trop beau !
    J’adore tes récits et les photos sont vraiment cool 🤙🏼😎
    Une superbe expérience que j’ai vécu dans votre roue, un paysage de dingue des routes sublimes et des couleurs à te rendre jaloux une palette d’automne de Van Gogh !
    Bravo Vincent !
    😉✌🏼

  5. Un nouveau récit digne de notre Motarologue préféré. Superbe. Nous avions été bluffé également par les Mallos de Riglos, aperçues à la sortie d’une courbe, avec le commentaire adéquate sur le moment : « Mais qu’est ce que c’est que ce truc ?? »….
    Viva Aragon

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.